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Protection sociale · Versailles

Avocat faute inexcusable de l’employeur à Versailles

Lorsqu'un accident du travail ou une maladie professionnelle résulte d'un manquement de l'employeur à son obligation de sécurité, la réparation forfaitaire de la sécurité sociale ne suffit pas. La faute inexcusable ouvre droit à la réparation de vos préjudices personnels.

Protection sociale

La rente d'accident du travail répare la perte de capacité de gain. Les souffrances, le préjudice esthétique, l'impossibilité de reprendre une activité de loisir, l'atteinte aux perspectives de carrière restent à la charge de la victime, sauf si la faute inexcusable de l'employeur est reconnue. Tout se joue alors sur la preuve de ce que l'employeur savait et des mesures qu'il n'a pas prises.

Deux conditions : la conscience du danger et l'absence de mesures

L'employeur est tenu envers ses salariés d'une obligation de sécurité. Il commet une faute inexcusable lorsqu'il avait, ou aurait dû avoir, conscience du danger auquel le salarié était exposé, et qu'il n'a pas pris les mesures nécessaires pour l'en préserver. Il n'est pas nécessaire que cette faute soit la cause déterminante de l'accident : il suffit qu'elle en soit une cause nécessaire, même si d'autres fautes, y compris celle de la victime, ont concouru au dommage.

Le préalable est la prise en charge de l'accident ou de la maladie au titre de la législation professionnelle. Si la caisse a refusé cette prise en charge, la question peut être tranchée dans la même instance, mais le dossier est plus lourd : il vaut mieux contester d'abord la décision de la caisse.

Les cas où la faute est présumée

Dans deux situations, la victime n'a pas à prouver la faute : lorsque le risque qui s'est réalisé avait été signalé à l'employeur par le salarié ou par un représentant du personnel (article L. 4131-4 du code du travail), et lorsqu'un salarié en contrat à durée déterminée ou intérimaire, affecté à un poste présentant des risques particuliers, n'a pas reçu la formation renforcée à la sécurité exigée par la loi (article L. 4154-3).

Comment se prouve la conscience du danger

En pratique, je recherche ce que l'employeur savait : document unique d'évaluation des risques, alertes du médecin du travail, signalements des représentants du personnel, procès-verbaux de l'inspection du travail, accidents antérieurs sur le même poste, formation et équipements de protection fournis. Les témoignages des collègues et l'enquête de la caisse complètent souvent le dossier.

Ce que la reconnaissance vous apporte

La rente ou l'indemnité en capital est portée à son maximum (article L. 452-2 du code de la sécurité sociale). La victime peut en outre demander réparation des souffrances endurées, du préjudice esthétique, du préjudice d'agrément et de la perte ou diminution de ses possibilités de promotion professionnelle (article L. 452-3). Depuis la décision du Conseil constitutionnel du 18 juin 2010, d'autres préjudices non couverts par le livre IV du code de la sécurité sociale peuvent aussi être indemnisés, et la Cour de cassation juge depuis 2023 que la rente ne répare pas le déficit fonctionnel permanent, qui s'indemnise à part. En cas de décès, les proches peuvent obtenir réparation de leur préjudice moral.

Le tribunal ordonne en général une expertise médicale et peut allouer une provision. Les sommes sont avancées par la caisse, qui en récupère ensuite le montant auprès de l'employeur. La victime n'a donc pas à craindre l'insolvabilité de l'entreprise.

La procédure et le délai de deux ans

L'action se prescrit par deux ans, à compter en principe du jour de l'accident, de la cessation du paiement des indemnités journalières ou de la reconnaissance du caractère professionnel de la maladie (article L. 431-2). Elle commence par une demande de conciliation adressée à la caisse primaire, puis, à défaut d'accord, par la saisine du pôle social du tribunal judiciaire. La procédure se poursuit, après le jugement de reconnaissance, par l'expertise médicale puis par la liquidation des préjudices.

Pour un salarié intérimaire, l'action est dirigée contre l'entreprise de travail temporaire, employeur juridique, l'entreprise utilisatrice étant appelée à la cause. Je plaide ces dossiers devant les pôles sociaux de toute la France et devant les cours d'appel.

Les dossiers de faute inexcusable que je traite


  • Accident du travail survenu sur un poste dont le risque était identifié et non traité
  • Maladie professionnelle liée à une exposition connue : amiante, produits chimiques, troubles musculo-squelettiques, bruit
  • Maladie professionnelle psychique : épuisement professionnel, dépression après harcèlement ou surcharge signalée
  • Accident d'un intérimaire ou d'un salarié en CDD sans formation renforcée à la sécurité
  • Accident d'un salarié d'une entreprise sous-traitante ou intervenante
  • Majoration de la rente, expertise médicale, provision et liquidation des préjudices
  • Action des proches en cas de décès de la victime
  • Appel d'un jugement du pôle social devant la cour d'appel

Comment se passe la procédure

01

Consultation

J'examine la déclaration d'accident, les décisions de la caisse, les certificats médicaux et ce que vous savez des conditions de travail. Je vous dis quels recours sont ouverts et dans quels délais.

02

Preuves

Je réunis les pièces qui établissent la conscience du danger : document unique, alertes, témoignages, enquête de la caisse, rapports de l'inspection du travail.

03

Faute inexcusable

Je saisis la caisse primaire aux fins de conciliation, puis le pôle social du tribunal judiciaire, avec un dossier de pièces démontrant la conscience du danger.

04

Indemnisation

Je suis l'expertise médicale, je chiffre chaque préjudice et je plaide la liquidation. J'interviens aussi, si besoin, devant la cour d'appel.

Questions fréquentes


En principe, la victime. Elle doit établir que l'employeur avait ou aurait dû avoir conscience du danger et qu'il n'a pas pris les mesures nécessaires. La faute est présumée lorsque le risque avait été signalé à l'employeur, ou lorsqu'un salarié précaire affecté à un poste à risques n'a pas reçu la formation renforcée à la sécurité.

Deux ans, en principe à compter de l'accident, de la fin du versement des indemnités journalières ou de la reconnaissance du caractère professionnel de la maladie. Ce délai peut être interrompu dans certains cas, mais il ne faut pas compter dessus : le plus tôt est le mieux, d'autant que les preuves s'effacent avec le temps.

Non. L'action peut être engagée après la rupture du contrat, et même si l'entreprise a été cédée. Les sommes sont versées par la caisse, qui se retourne ensuite contre l'employeur.

Non. Il suffit que la faute de l'employeur soit une cause nécessaire de l'accident ; la faute simple de la victime n'y fait pas obstacle. Seule une faute inexcusable de la victime elle-même, d'une exceptionnelle gravité, peut conduire à réduire la majoration de la rente.

Non. L'action vise les accidents du travail et les maladies professionnelles ; l'accident de trajet, s'il est pris en charge par la caisse, relève d'un autre régime. Selon les circonstances, une action de droit commun contre le responsable de l'accident peut être envisagée.

Faire le point sur votre situation

Une première consultation permet de reprendre votre dossier pièce par pièce et de voir ce qui peut être engagé.

Je vous indique alors vos chances de succès, la façon dont nous procéderons, la durée prévisible de la procédure et son coût.